[CINEMA] Pourquoi j’ai détesté “SPLIT”

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Hello les filles! Une fois n’est pas coutume, plutôt que de séries aujourd’hui je vous parle d’un film. Si vous me suivez sur Facebook, peut-être avez-vous vu mon coup de gueule sur Split, le dernier film de M. Night Shyamalan que j’ai détesté comme jamais. Je vous explique pourquoi ici, attention spoilers !

Le pitch : un homme atteint de troubles de la personnalité (c’est peu dire, il en a 24 !) kidnappe et séquestre 3 adolescentes. Sur le papier c’est plutôt alléchant, avec comme argument de poids James McAvoy, un acteur aux multiples facettes qui devrait ici pouvoir pleinement les exploiter. Si tout comme moi vous ne vous êtes pas remis du twist final de 6e Sens, LE film culte du début du millénaire, vous vous précipiterez au cinéma dans l’espoir de revivre ça. Et vous en sortirez sans doute aussi déçue/barbée/furax que moi.

Voyage au bout de l’ennui

Vendu comme un thriller psychologique, le film ne tient absolument pas ses promesses de grands frissons. Hormis l’histoire de dédoublement de la personnalité, il s’agit là d’une banale situation de séquestration dans une cave, prévisible de A à Z. Les personnages sont plats, avec au menu 2 midinettes qui courent en agitant les bras, une adolescente émo à l’aura de mérou, une psychologue parfaitement cliché avec paire de lunettes autour du cou et collection impressionnante de foulards en soie et un antagoniste certes dingo mais absolument inoffensif jusqu’au 20 dernières minutes du film (sur 2h !). Autant vous dire que la mayonnaise ne prend pas et notre tension reste au plus bas, tout comme celle des actrices. 

Casey, l’héroïne sous Xanax

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Peur

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Colère

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Joie

Un scénario brouillon

Difficile de croire en l’histoire tellement les réactions des personnages sonnent faux. D’abord la scène de kidnapping, incroyablement lente,  durant laquelle les filles mettent plus de 30 secondes à réaliser qu’un inconnu s’est introduit dans leur voiture. Alors dit comme ça, ça peut paraître court mais croyez-moi, personne ne tourne la tête aussi lentement que Casey dans la vraie vie. Les filles restent étonnamment calmes et fatalistes pour des ados en danger, même lorsqu’on leur annonce qu’elles vont finir en casse-croûte. Elles manquent pas mal de jugeote et restent somme toute très passives, mais on peut mettre ça sur le compte de la peur j’imagine. La psy par contre est complètement débile. Vous connaissez, vous, une septuagénaire qui se rendrait chez un patient timbré seule, en pleine nuit, sans même l’ombre d’une bombe lacrimo ?!! Autre exemple : elle est la seule à savoir qu’il suffit de prononcer le nom complet de Kevin pour qu’il reprenne le contrôle de son corps sur ses entités maléfiques. Et alors que le danger est imminent, elle a la force de l’écrire sur un petit bout de papier mais pas de le prononcer. Débile je vous dit.

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T’as raison Brenda, t’affole pas.

Publicité mensongère

James Mc Avoy joue 24 personnages parait-il. Faux ! Sur les 24 personnalités prétendues, on voit 3 ou 4, avec un infime aperçu de quelques autres. Certes 24 personnages ça aurait été un peu long (le film dure déjà 2 looooongues heures) mais quel intérêt de l’affubler d’autant de personnalités si ce n’est pour les exploiter ? D’ailleurs pour un film sur les troubles mentaux, on ne nous en explique rien et le mode de fonctionnement de Kevin/Barry/Dennis & Co est très tiré par les cheveux (c’est quoi cette histoire de chaises et de lumière ??). On découvre que les troubles de Kévin résultent de la disparition de son père lorsqu’il était enfant et de l’éducation sévère et un brin abusive de sa mère maniaque de la propreté. Mouai, y a pire comme trauma et à ce compte là j’en connais plus d’un qui auraient besoin d’une camisole ! Certaines scènes et dialogues n’ont pas non plus leur place et semblent tout droit sorties d’un chapeau pour donner un semblant de sens à l’intrigue (je pense au coup du mouchoir dans la porte notamment, quelqu’un pour m’expliquer le cheminement de pensées de la mémé ?). M. Night, champion incontesté de la solution de facilité.

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C’est pas beau de tricher M. Night

Bon, les premiers points justifient mon ennui profond durant le film. Voici les raisons pour laquelle je n’ai pas décoléré de la soirée après l’avoir vu.

Allo maman bobo

The Beast, l’entité surnaturelle de Kevin, cherche à supprimer les “impurs”, les personnes n’ayant jamais souffert, en les mangeant toutes crues (#topchef). Pourquoi les manger plutôt que les torturer histoire de les purifier un peu, c’est un mystère, mais soit. La 1ère chose qui me dérange, c’est que Monsieur La Bête parte du principe que la souffrance ne peut être que visible. Ce qui est un peu gros car il porte lui-même des stigmates psychologiques et non physiques de son traumatisme (ben non, c’est pas marqué sur sa tête que maman le grondait un peu trop). Donc pour bien faire les choses, il devrait prendre le temps de discuter 5 minutes avec ses victimes afin de s’assurer qu’elles soient comestibles. Preuve en est, il s’apprêtait à mastiquer Casey l’amorphe, alors qu’elle aussi a eu son quota de réjouissances par le passé.

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Pas dur de voir qu’elle a un grain

Merci Tonton !

Abusée sexuellement par son oncle depuis une bonne dizaine d’années, la pauvre doit vivre sous son toit et lui concocter de bons petits plats. Mais comme la vie fait bien les choses, c’est “grâce” à ça et aux nombreuses marques de scarification qu’elle à sur le corps que Dingo l’épargnera. Et c’est bien là ce qui me rend furax. Durant 2h, tous les personnages féminins sont présentées comme des victimes frêles et pas futées, très souvent passives et qui échouent lamentablement leurs quelques tentatives d’évasion. Et lorsque l’une d’entre elles s’en sort enfin, c’est seulement par le bon vouloir de notre p’tit gars, grand seigneur, qui lui laisse la vie sauve juste parce qu’un autre mec s’est fait la main dessus avant. Alors même si je suis loin d’être féministe, j’ai franchement du mal à avaler la justification de l’inceste subit par Casey par la philosophie récurrente des films de Shyamalan, selon laquelle rien n’arriverait par hasard. Que la pauvre gamine doive sa survit à son premier bourreau me révulse littéralement et pour ça, Shyamalan est mort pour moi.

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You’re dead to me

Twist again

Scène finale, changement de décor, d’ambiance et de son. Dans un bistrot américain, télé allumée sur le JT qui relate l’affaire, une cliente trouve qu’un schizophrène qui kidnappe des adolescentes pour les manger lui rappelle un terroriste en fauteuil roulant qui a fait dérailler un train 15 ans plus tôt. Euh, leur point commun siouplé ? Tous les deux malades donc méchants, CQFD (c’est les asso pour personnes handicapées qui doivent être contentes).

Alors, comme un grand philosophe l’a dit, c’est pas très bien d’être méchant, chez Shyamalan il vaut mieux être riche et en bonne santé que pauvre et malade comme un chien. M.Night, pourquoi t’as fait ça ?

Désolée pour ce post un peu long mais il s’agit de mon 1er coup de gueule sur le blog et j’avais besoin de vider mon sac. N’hésitez pas à me dire ce que vous avez pensé du film, peut-être me ferez vous changer d’avis 🙂

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